Depuis plusieurs années, les variations importantes du niveau d’eau de la Chaîne des lacs sont  une préoccupation pour les riverains. Les crues subites, suite à de fortes pluies, et les bas niveaux d’eau lors de périodes de sécheresse, causent des préjudices considérables aux citoyens et à l’environnement. Historiquement, de nombreuses actions ont été entreprises pour cibler les causes de ces phénomènes et  ainsi trouver des pistes de solution :

  • Vérification des tributaires.
  • Vérification de l’exutoire de la rivière aux Herbages.
  • Envoi de plusieurs lettres à la municipalité d’Orford  pour demander une expertise. 
  • Construction d’une digue à la sortie de la rivière aux Herbages, laquelle est désormais désuète et inefficace car partiellement détruite.
  • Vérification des niveaux d’eau aux barrages à la sortie des lacs Stukely et Bowker.

En 2008, les efforts déployés par deux riverains ont permis de découvrir que la vanne du barrage Stukely était actionnée régulièrement et sans égard aux fluctuations du niveau d’eau de la Chaîne-des-lacs. Suite à ce constat, des relevés journaliers du niveau d’eau au lac Simoneau ont été compilés et analysés en fonction des variations de l’ouverture de la vanne  du barrage Stukely. Nous avons ainsi observé des similitudes entre les ouvertures au barrage Stukely et les augmentations soudaines du niveau d’eau à la Chaîne des lacs.

Au mois d’août 2008 une lettre adressée aux gestionnaires du Centre d’expertise hydrique du Québec les informe de la situation ainsi que des inconvénients causés à l’environnement et aux riverains de la Chaîne des lacs : 

  • Érosion  des berges
  • Inondation d’installations septiques
  • Dégradation de la qualité de l’eau
  • Destruction des efforts de renaturalisation des berges
  • Navigation problématique durant les périodes de sécheresse
  • Impact négatif sur le taux de phosphore
  • Impact négatif sur la présence d’algues bleues
  • Impact négatif sur la prolifération de plantes aquatiques

Fort d’un appui sans équivoque des membres aux assemblées annuelles 2008 et 2009,  plusieurs démarches ont été entreprises auprès de la municipalité d’Orford, du bureau de Sherbrooke du MDDEP ainsi que du Centre d’expertise  hydrique du Québec.

La présentation des données techniques accumulées a permis de convaincre les instances municipales et provinciales de la pertinence de former un comité. A l’hiver 2009 un comité composé de représentants des lacs, de la municipalité et du MDDEP a été constitué.

Jusqu'à présent trois rencontres ont eu lieu. Des représentants du centre hydriques ainsi que ceux du MDDEP de Sherbrooke ont réalisé plusieurs relevés. Des hypothèses ont été avancées. Ces dernières tendaient à démontrer que la majeure partie de l’apport en eau qui était la cause des hauts niveaux, provenait du lac Bowker ainsi que du lac de la Mine. Les données statistiques recueillies par l’ARCDL ont permis de contester efficacement  ces conclusions.

Face à cette opposition, le centre d’expertise hydrique du Québec a proposé de faire analyser,  par un autre groupe, trois situations particulières choisies par l’ARCDL. Ces cas ont été soumis en janvier 2010.

En avril 2013, une rencontre a eu lieu à Jouvence réunissant le Centre Hydrique du Québec, la SEPAQ, l’ARCDL, l’Association du lac Stukely et Jouvence.  Le Centre Hydrique y a déterminé un nouveau niveau d’opération et projette faire des essais d’ouverture de vanne à l’automne 2013.

D’avril à juin 2014, l’ARCDL fait la relève journalière des niveaux d’eau et des précipitations à la CDL. Production par Pierre Faucher de tableaux mensuels indiquant ces mesures et préparation de graphiques pour chaque mois. L’ARCDL en a conclu que:

1) Historiquement pour une même précipitation de pluie, la variation du niveau d’eau à la CDL est plus grande s’il y a ouverture du barrage Stukely;

2) Sur une longue période (mois) l’apport d’eau du Stukely est proportionnel à celui de son bassin versant mais peut être plus important sur une courte période (journée ou semaine);

3) Historiquement la vanne du barrage Stukely  est ouverte  plus ou moins au niveau 284,35  durant près de 50% du temps.

A l’automne 2014, l’ARCDL a rencontré la municipalité qui a écouté nos explications mais en exprimant le besoin d’une expertise externe pour orienter les actions à entreprendre. Suite à un appel d’offres de services professionnels à trois firmes, la proposition de CIMA+ est retenue par l’ARCDL.

En juin 2015, Rencontre avec la Municipalité qui se dit prête à nous appuyer pour une demande de modification des critères d’opération du barrage et possiblement avec l’octroi d’une subvention pour défrayer les honoraires de l’étude de Cima+.

Le 21 août 2015, l’ARCDL recevait le rapport de l’étude hydraulique effectuée par CIMA+, dont les principaux objectifs étaient les suivants :

  • Évaluation de la relation entre le ruissellement observé au niveau du bassin tributaire au Lac Stukely, les opérations du barrage existant et la variation du niveau de ce lac lors des pluies de récurrence allant de 1:1 an à 1:10 ans;
  • Évaluation de l’influence des débits et volumes provenant du Lac Stukely sur les niveaux d’eau à la Chaîne des Lacs en fonction de la capacité naturelle de la rivière aux Herbages (en aval du Lac des Monts), et ce, pour les récurrences de pluie allant de 1:1 à 1:10 ans, ainsi que pour différents niveaux d’exploitation du barrage du Lac Stukely ;
  • Évaluation de l’impact hydraulique découlant de la construction d’un ouvrage de contrôle sur la rivière aux Herbages à l’exutoire du Lac de Monts sur la fluctuation de ce dernier lors des pluies de fortes intensités

 

Principales activités suite à la réception du rapport de CIMA+ :

  • Rencontre avec la Municipalité en janvier de 2016 afin d’expliquer sommairement le rapport et demander une rencontre officielle avec le Centre d’Expertise Hydrique du Québec (CEHQ);
  • Transmission du rapport de CIMA+ à la Municipalité, préalablement à la rencontre du 15 mars 2016 avec le Maire ;
  • Rencontre entre le CEHQ, la Municipalité et l’ARCDL le 17 juin 2016 pour demander un changement dans les critères d’opération du barrage Stukely.

 

Le CEHQ a accepté notre demande et proposé une plage d’exploitation de la vanne du barrage Stukely de 284,5m à 284,8m à la condition que les municipalités et organismes entourant le lac Stukely  acceptent une telle modification.

 

La municipalité d’Orford qui parraine ce dossier a fait cheminer la demande et en a assuré le suivi. Tous les organismes ont accepté la modification proposée sauf Eastman.

 

En réponse à notre demande, Louis-Guillaume Fortin de la direction des barrages publics du Québec nous a informés que « À moins d’information contraire, nous ne pourrons pas procéder immédiatement à la modification du plan de gestion. »

Nous travaillons donc activement avec la nouvelle administration pour relancer ce dossier.