Nous sommes évidemment tous concernés et inquiets de la santé de nos lacs et plus particulièrement de la propagation du MAE.  À l’été 2018, le RAPPEL (coop en solidarité pour la protection de l’eau) a procédé à un nouvel inventaire de plantes aquatiques afin de comparer avec l’inventaire précédent qui datait de 2012.  Grâce à une aide financière substantielle de la municipalité du Canton d’Orford, cet inventaire fut complété en septembre 2018 et  le rapport 2018 de l'inventaire des plantes aquatiques fait par le RAPPEL est maintenant accessible sur notre site web.  Ce rapport nous donne une image plus complète de la situation en plus de nous fournir des pistes de solutions adaptées à la Chaîne des Lacs pour le contrôle ce cette espèce exotique envahissante.   

Cet inventaire a malheureusement confirmé ce que plusieurs riverains avaient déjà observé : «  le myriophylle à épi a pris de l’expansion en termes de densité et de répartition » (extrait du Rapport Final – Inventaire de Plantes Aquatiques de la Chaîne des Lacs, RAPPEL, novembre 2018.)

Fin mai 2019, nous avons convoqué une réunion des riverains pour présenter le rapport.  Le RAPPEL a expliqué la méthodologie de l’inventaire de 2018 ainsi que ses observations et conclusions générales.  Les questions posées par les participants ont aussi pu être répondues.

Le MAE attire de plus en plus l’attention de nombreux citoyens du Québec qui observent une plus grande présence de cette espèce dans nos lacs et rivières.  Ce phénomène fait d’ailleurs l’objet d’une attention plus soutenue des médias (voir section Médias du site web de l’ARCDL). 

Plusieurs associations de riverains comme la nôtre ont entrepris le combat contre le MAE.  Mais ce n’est pas une tâche facile.  D’un point de vue technique, il faut comprendre qu’il serait présentement inefficace et extrêmement coûteux de se lancer dans un projet d’éradication du MAE dans nos lacs.  En effet, il n’existe pas encore de consensus quant à la meilleure méthode d’éradication.  Plusieurs techniques sont à l’essai : arrachage systématique, toiles de jute, toiles de matériau synthétique.  Toutes ces méthodes s’avèrent dispendieuses et bien que la toile de jute donne des résultats intéressants jusqu’à maintenant, cette méthode n’est pas encore éprouvée à long terme, sans compter qu’on ignore encore ses effets sur les autres plantes et sur la faune aquatique.  Dans tous les cas d’intervention planifiée, il faut demander un permis au Ministère de l’Environnement et de la Lutte aux Changement Climatiques (MELCC) et les conditions imposées augmentent considérablement les coûts. 

En 2018, nous avons signé une pétition pour signifier notre appui à l’Alliance pour un programme national de gestion du MAE.  Cette alliance regroupe l’Union des Municipalités du Québec ainsi que plusieurs associations québécoises comme la nôtre.  Bien que le gouvernement ait fait l’annonce d’un programme pour contrer les espèces exotiques envahissantes, l’alliance demande un programme spécifique pour contrer le MAE.  Nous vous encourageons à signer cette pétition en ligne à titre individuel, si ce n’est déjà fait (https:// rappel.qc.ca/communications/alliance-pour-la-gestion-du-myriophylle.html).

À partir des recommandations du RAPPEL, l’ARCDL a entrepris cet été des démarches visibles pour limiter la propagation du MAE.  Ces actions visent principalement la prise de conscience des utilisateurs de nos plans d’eau :

  • neuf (9) pancartes d’avertissement (ÉVITEZ CE SECTEUR – MYRIOPHYLLE ENVAHISSANT) ont été installées dans les herbiers de MAE les plus denses; 
  • des bouées ont été déployées à l’entrée ouest du lac Leclerc afin diriger la circulation des embarcations de façon à éviter un important herbier de MAE;
  • une infolettre a été transmise aux membres.

Ces initiatives, supportées financièrement par la municipalité du Canton d’Orford, ont eu pour effet de favoriser de nombreuses discussions positives en rapport avec cet enjeu et une sensibilisation accrue des utilisateurs.  De plus, une toile flottante de petite dimension a été installée dans le secteur nord-ouest du lac Bran de Scie afin d’étudier les effets de l’ombre sur la croissance du MAE.   

Afin de limiter la propagation du MAE dans la Chaîne des Lacs, votre collaboration est de la plus grande importance 

  • Évitez de circuler dans les herbiers de myriophylle à épis. Les fragments de cette plante finissent par retomber au fond de l’eau et créent une nouvelle pousse.
  • Ramassez les fragments de MAE qui flottent en surface après le passage d’embarcations. Jetez-les à la poubelle.
  • Les pancartes déployées indiquent seulement les herbiers de MAE les plus importants. Il y en a d’autres, soyez vigilants.
  • Évitez la propagation des espèces envahissantes en nettoyant bien vos embarcations lorsque vous les déplacez d’un plan d’eau à un autre. Sensibilisez aussi vos invités qui amènent leur embarcation sur la Chaîne des Lacs.

N’hésitez pas à discuter cet enjeu avec vos représentants politiques lorsque vous en avez l’occasion.

 

Le myriophylle dans les médias

Le Soleil 14 août 2019: toiles de jute au lac Sergent

Radio-Canada 6 août 2019

La Tribune 2 août 2019