Journée des associations

Jean-François Lavigne, représentant de l’ARCDL auprès du RAPPEL (Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des cours d’eau de l’Estrie et du haut bassin de la rivière Saint-François) a assisté le 26 mai dernier à la Journée des associations « La guerre aux cyanobactéries » au Centre d’arts d’Orford, et en voici le compte-rendu.


David Bird du GRIL ( Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique ) a prononcé une conférence intitulée « Formation 101 en limnologie des cyanobactéries ». Les cyanobactéries en trop grand nombre créent les algues bleu-vert. Pour se développer, ces algues ont besoin de phosphore, de soleil et d’eau calme et chaude. En mourant, celles-ci dégagent des cyanotoxines dont certaines (microcystines) sont dangereuses pour la santé. « Chaque personne exporte aux lacs en Estrie la même quantité de phosphore qu’un hectare de forêt ». Quoi faire contre les cyanobactéries ? Réduire l’érosion, contrôler les nutriments, protéger les bandes riveraines, éviter l’épandage d’engrais solubles, mieux gérer les fossés et augmenter l’espace vert. « Un lac est l’image de sa ligne de rivage : plus c’est végétalisé, plus un lac est en santé ».
José Audet-Lecouffe de l’OEDD (Observatoire de l’environnement et du développement durable de l’Université de Sherbrooke) a prononcé une conférence intitulée « La détection des cyanobactéries : comment évaluer le risque ». La couleur bleu-verte de l’eau et la présence de « fleurs d’eau » (chaînes filamenteuses) indiquent la présence d’algues bleu-vert. La présence d’écume dénote une toxicité importante. A partir de 0,03 mg/litre de phosphore, il y a risque de prolifération élevé. La limites acceptable de cyanobactéries dans l’eau est de 20,000 cellules par millilitre d’eau. Les analyses de l’eau visent à dénombrer les microcystines LR (les plus dangereuses pour la santé). Le MEDD doit obligatoirement valider les analyses. Il y a un seul centre d’analyse au Québec, situé à Sainte-Foy.


Sonia Boivin, de la DSP (Direction de la Santé publique de l’Estrie), a prononcé une conférence intitulée « Les dangers en cas de cyanobactéries ». Il y a environ 2,000 espèces de cyanobactéries dont 40 produisent des toxines dangereuses pour la santé : dermatotoxines (peau, dermatites), hépatotoxines (foie, nausée, hépatite, cancer) et neurotoxines (système nerveux, maux de tête, étourdissement, paralysie). Les effets sur la santé apparaissent en dedans de 48 heures. Il n’y a pas de norme sur les cyanobactéries au Québec seuls les critères de l’INSPQ (Institut national de la santé publique du Québec). Chaque année il y a décès de bovins à l’extérieur du Québec. Au brésil en 1996, 131 personnes infectées, 76 décès. En 2002, décès de chien infecté dans la Baie Missisquoi. Lorsqu’il y a signalement de cyanobactéries : ne pas se baigner, ne pas boire l’eau ou se laver avec, ne pas laisser les animaux en boire, ne pas utiliser d’algicide (ce qui libère les cyanotoxines), ne pas utiliser l’eau pour la piscine ou le potager, consommer le poisson sans les viscères.


Jacques Audet, planificateur financier, a prononcé une conférence intitulée « Impact des cyanobactéries sur les propriétés riveraines ». Les effets sur la valeur seront ressentis à long terme. « Vous êtes assis sur une mine d’or ! mais ce n’est pas votre chalet au bord de l’eau la mine d’or, c’est votre lac! ». Car sans un lac en santé, un chalet vaut peu.


Ensuite, les participants ont pu assister à des ateliers forts intéressants tels que :


• L’entretien des fossés par la méthode du tier inférieur (Jean Gagné, MTQ). Le grattage du fond seulement des fossés empêche l’érosion, réduit le matériel à transporter et diminue la température de l’eau qui se retrouve dans les lacs ».
• Espèces herbacées à utiliser en renaturalisation des berges par Isabelle Dupras, Pépinière Indigo à Ulverton.
• Cas vécu de cyanobactéries de l’Association pour la protection du Lac Massawippi, par Michel Clairoux et Jacques Bernier. « La force d’une association c’est la pression politique ».
• Exposition itinérante sur la truite mouchetée par Nathalie Gobeil et Danièle Normandin.
• Offre de services pour la renaturalisation des rives et le suivi de la qualité de l’eau par Justine Adam et Camille Rivard-Sirois).

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